
Selon les pays, la durée officielle de l'emploi à temps complet est fixée par la loi ou par les conventions collectives. Par exemple, elle est de :
- 37 heures au Danemark (conventions collectives),
- 38 heures aux Pays-Bas depuis 1982 (loi) et 36 heures pour la moitié des salariés (conventions collectives),
Pays | Ensemble des emplois | Emplois à temps plein | Emplois à temps partiel | Taux de temps partiel | Année |
| France | 36,3 h | 39,0 h | 23,2 h | 17,2 % | 2005 |
| Allemagne | 33,6 h | 2005 | |||
| Danemark | 35,1 h | 21,6 % | 2005 | ||
| Espagne | 33,2 h | 35,5 h | 16,4 h | 12,4 % | 2005 |
| Grande Bretagne | 31,7 h | 37,2 h | 15,7 h | 25,5 % | 2005 |
| Italie | 36,2 h | 12,7 % | 2004 | ||
| Pays-Bas | 29,2 h | 36,9 h | 18,9 h | 44,0 % | 2005 |
| Suède | 36,1 h / 30,1 h | 20,3 % | 2004 | ||
| Usa | 33,8 h | 2005 |
Sources :
France : Insee (insee.fr) - Enquête emploi 2005 - IP1070
Allemagne: Statistisches Deutschland (destatis.de) Statistische Jahrbuch 2006 - Arbeitsmarkt 3.7 Wochenarbeitsstunden
Danemark : Statistics Denmark (dst.dk - statbank.dk) séries atr1 - aku10
Espagne : Instituto Estadistica (ines.es) - Population active, séries 1.4 - 3.79 - 3.80
Grande Bretagne : National statistics (statistics.gov.uk) Labour market, séries ybuy - ycbe - ybvb - ycbh
Italie : Istituto di statistica (istat.it) - Annuario statistico 2005 - Lavoro - Ore effettivamente lavorate
Pays-Bas : Centraal Bureau voor de Statistiek (cbs.nl) Statline : arbeidsduur
Suède : Statistiska centralbyran (Statistics Sweden) (scb.se) Statistical yearbook 2006, tableaux 329 et 337 - Women and men in Sweden 2004
Usa : Bureau of labor statistics (bls.gov/ces) table B-2 Average hours and earnings (empsit_ceseeb2)
Observations :
Danemark : Hommes : 37,8 h - Femmes : 32,1 h - Ensemble : 35,1 h. Dans le Statistical yearbook 2006 - (4) Labour market, la table 140 indique une durée usuelle de 38,5 h (H) - 32,5 h (F) - 35,7 h (H+F) et une durée réelle de 33,6 h (H) - 26,4 h (F) - 30,2 h (H+F)
Grande Bretagne : 31,74 heures à partir des séries (statbase) ybuy - ycbe (temps plein) et ybvb - ycbh (temps partiel) et 32,1 heures à partir des séries ybus - mgrz ou selon la série ybuv
Italie : 36,0 h pour les salariés (71,9 % des emplois) et 36,7 h pour les indépendants (28,1 % des emplois)
Pays-Bas : Durée du travail > Hommes : 33,29 heures - Femmes : 24,2 heures - Ensemble : 29,22 heures - Temps partiel > Hommes : 20,1 % - Femmes : 73,1 % - Ensemble : 44,0 % - Temps partiel inférieur à 12 heures par semaine > Hommes : 6,8 % - Femmes : 16,4 % - Ensemble : 11,1 %
Suède : En 2004, le nombre d'heures travaillées est de 126.700.000 par semaine, pour 4.213.000 personnes ayant un emploi, dont 3.508.000 réellement au travail. La durée hebdomadaire du travail est ainsi de 30,07 h pour les personnes ayant un emploi et 36,12 h pour celles qui travaillent réellement.
Usa : Le nombre d'heures travaillées par semaine est de 33,8 heures pour l'ensemble des emplois et de 25,7 h à 41,1 h selon les secteurs d'activité (exception de 45,6 h du secteur minier : 0,5 % des emplois)
La durée des congés payés est de cinq semaines, parfois six (conventions collectives) dans les pays européens cités, la loi indiquant quatre ou cinq semaines selon les pays. Aux Etats-Unis, la durée est de trois semaines (ou plus selon les branches d'activité ou les entreprises).
---
Quelques commentaires... ces chiffres, tout d'abord, sont récupérés d'ici, sur le site Travail, chômage et société, s'efforçant de corriger certains errements qui nuisent à la bonne tenue du débat public. Notons tout d'abord que ces statistiques peuvent être vérifiées. Prenons les plus surprenantes, parce qu'elles vont à contre-courant du préjugé omniprésent, et penchons-nous sur le cas des Etats-Unis. Les tables dont sont tirées le nombre de 33,8 sont accessibles ici sur le Bureau of Labor Statistics - Total private weekly hours in 2005 (33,9 pour 2006).
Attention, il faut bien noter qu'en prenant le temps effectif moyen, on s'éloigne d'une mesure qui ne tienne compte que des heures travaillées par les personnes actives à temps complets (les temps partiels sont indiqués), et que cette mesure porte sur la durée effective, et non sur la durée légale ou la durée affichée (au sein de l'entreprise).
Le débat sur le temps de travail en France paraît alors relever d'une vaste supercherie... Comme beaucoup d'autres débats artificiellement gonflés (délocalisations, poids des charges sociales...), il relève plus du clientélisme (patronal notamment dans ce cas-là) que d'une urgence française.
En effet, il faut bien voir que le temps de travail global n'est pas souple : les entreprises visent l'optimum et ne peuvent fournir plus de travail à certains sans en fournir moins à d'autres. Elles ont d'autant moins intérêt à une augmentation du temps de travail que cela nuit à la productivité (une étude de l'OCDE sur la période 1996-2002 laisserait entendre que la croissance de la productivité de la France, assez supérieure à celle des autres pays européens sur la même période, s'expliquerait en partie par les 35H ; en outre, l'idée qu'une personne disposant de plus de temps libre serait plus efficace ne va-t-elle pas dans le sens de notre intuition ?). C'est ainsi que le mouvement de diminution du temps de travail, dont on sait les vertus en termes de temps de travail, doit plus être repensé dans le cadre d'un rééquilibrage des incitations au temps partiel subi (deux mi-temps sont plus avantageux qu'un temps plein), qui permettrait une hausse de la durée du temps de travail effectif, qu'une exonération sauvage des heures supplémentaires qui n'aurait guère d'effets, si ce n'est d'alléger les mécanismes de solidarité collective en faveur des entreprises. On pense à la semaine de 4 jours, par exemple, comme le propose par exemple Pierre Larroutroux sur l'Autre campagne.
Allemagne: Statistisches Deutschland (destatis.de) Statistische Jahrbuch 2006 - Arbeitsmarkt 3.7 Wochenarbeitsstunden
Danemark : Statistics Denmark (dst.dk - statbank.dk) séries atr1 - aku10
Espagne : Instituto Estadistica (ines.es) - Population active, séries 1.4 - 3.79 - 3.80
Grande Bretagne : National statistics (statistics.gov.uk) Labour market, séries ybuy - ycbe - ybvb - ycbh
Italie : Istituto di statistica (istat.it) - Annuario statistico 2005 - Lavoro - Ore effettivamente lavorate
Pays-Bas : Centraal Bureau voor de Statistiek (cbs.nl) Statline : arbeidsduur
Suède : Statistiska centralbyran (Statistics Sweden) (scb.se) Statistical yearbook 2006, tableaux 329 et 337 - Women and men in Sweden 2004
Usa : Bureau of labor statistics (bls.gov/ces) table B-2 Average hours and earnings (empsit_ceseeb2)
Observations :
Danemark : Hommes : 37,8 h - Femmes : 32,1 h - Ensemble : 35,1 h. Dans le Statistical yearbook 2006 - (4) Labour market, la table 140 indique une durée usuelle de 38,5 h (H) - 32,5 h (F) - 35,7 h (H+F) et une durée réelle de 33,6 h (H) - 26,4 h (F) - 30,2 h (H+F)
Grande Bretagne : 31,74 heures à partir des séries (statbase) ybuy - ycbe (temps plein) et ybvb - ycbh (temps partiel) et 32,1 heures à partir des séries ybus - mgrz ou selon la série ybuv
Italie : 36,0 h pour les salariés (71,9 % des emplois) et 36,7 h pour les indépendants (28,1 % des emplois)
Pays-Bas : Durée du travail > Hommes : 33,29 heures - Femmes : 24,2 heures - Ensemble : 29,22 heures - Temps partiel > Hommes : 20,1 % - Femmes : 73,1 % - Ensemble : 44,0 % - Temps partiel inférieur à 12 heures par semaine > Hommes : 6,8 % - Femmes : 16,4 % - Ensemble : 11,1 %
Suède : En 2004, le nombre d'heures travaillées est de 126.700.000 par semaine, pour 4.213.000 personnes ayant un emploi, dont 3.508.000 réellement au travail. La durée hebdomadaire du travail est ainsi de 30,07 h pour les personnes ayant un emploi et 36,12 h pour celles qui travaillent réellement.
Usa : Le nombre d'heures travaillées par semaine est de 33,8 heures pour l'ensemble des emplois et de 25,7 h à 41,1 h selon les secteurs d'activité (exception de 45,6 h du secteur minier : 0,5 % des emplois)
La durée des congés payés est de cinq semaines, parfois six (conventions collectives) dans les pays européens cités, la loi indiquant quatre ou cinq semaines selon les pays. Aux Etats-Unis, la durée est de trois semaines (ou plus selon les branches d'activité ou les entreprises).
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Quelques commentaires... ces chiffres, tout d'abord, sont récupérés d'ici, sur le site Travail, chômage et société, s'efforçant de corriger certains errements qui nuisent à la bonne tenue du débat public. Notons tout d'abord que ces statistiques peuvent être vérifiées. Prenons les plus surprenantes, parce qu'elles vont à contre-courant du préjugé omniprésent, et penchons-nous sur le cas des Etats-Unis. Les tables dont sont tirées le nombre de 33,8 sont accessibles ici sur le Bureau of Labor Statistics - Total private weekly hours in 2005 (33,9 pour 2006).
Attention, il faut bien noter qu'en prenant le temps effectif moyen, on s'éloigne d'une mesure qui ne tienne compte que des heures travaillées par les personnes actives à temps complets (les temps partiels sont indiqués), et que cette mesure porte sur la durée effective, et non sur la durée légale ou la durée affichée (au sein de l'entreprise).
Le débat sur le temps de travail en France paraît alors relever d'une vaste supercherie... Comme beaucoup d'autres débats artificiellement gonflés (délocalisations, poids des charges sociales...), il relève plus du clientélisme (patronal notamment dans ce cas-là) que d'une urgence française.
En effet, il faut bien voir que le temps de travail global n'est pas souple : les entreprises visent l'optimum et ne peuvent fournir plus de travail à certains sans en fournir moins à d'autres. Elles ont d'autant moins intérêt à une augmentation du temps de travail que cela nuit à la productivité (une étude de l'OCDE sur la période 1996-2002 laisserait entendre que la croissance de la productivité de la France, assez supérieure à celle des autres pays européens sur la même période, s'expliquerait en partie par les 35H ; en outre, l'idée qu'une personne disposant de plus de temps libre serait plus efficace ne va-t-elle pas dans le sens de notre intuition ?). C'est ainsi que le mouvement de diminution du temps de travail, dont on sait les vertus en termes de temps de travail, doit plus être repensé dans le cadre d'un rééquilibrage des incitations au temps partiel subi (deux mi-temps sont plus avantageux qu'un temps plein), qui permettrait une hausse de la durée du temps de travail effectif, qu'une exonération sauvage des heures supplémentaires qui n'aurait guère d'effets, si ce n'est d'alléger les mécanismes de solidarité collective en faveur des entreprises. On pense à la semaine de 4 jours, par exemple, comme le propose par exemple Pierre Larroutroux sur l'Autre campagne.

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